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L’Oréal écope d’une condamnation au terme d’une affaire d’espionnage industriel. Ce 14 juin 2021, le Tribunal de commerce de Paris a estimé que « des éléments du savoir-faire de la société Guinot ont été appropriés par la société L’Oréal ». Le géant de la cosmétique est condamné à verser 300.000 euros de dommages et intérêts.

Guinot dénonce « des actes d’espionnage »


Cette première décision de justice survient après six années de procédure. En 2012, le président des instituts de beauté Guinot-Mary Cohr, Jean-Daniel Mondin, reçoit une offre de L’Oréal. Le groupe propose de racheter l’entreprise Guinot pour 218 millions d’euros. L’Oréal aurait négocié cette acquisition entre 2007 et 2013, selon Guinot. En vain, Jean-Daniel Mondin ne souhaite pas vendre.

Le groupe de cosmétique étudie alors le modèle économique de Guinot mais n’a pas accès aux secrets des traitements mis au point par l’entreprise. C’est pour les acquérir, affirme Guinot devant le tribunal, que L’Oréal a lancé une étude « auprès des esthéticiennes et des consommatrices ». Il s’agit de comprendre les méthodes de soins Guinot, sans faire état de l’identité du groupe qui mène l’étude, en « trompant » ainsi les personnes questionnées. Une saisie de pièces chez L’Oréal aurait confirmé cette intention. « L’Oréal a violé le secret des affaires et mis en œuvre des actes d’espionnage, critère aggravant de concurrence déloyale », dénonçait l’institut.

Auprès de Challenges, Jean-Daniel Mondin, qui raconte les innombrables épisodes de l’affaire, dénonce « des gens très policés, très politiquement corrects qui commettent des choses invraisemblables ». « L’Oréal s’autodécerne des grands prix d’éthique mais au moment où l’on parle de coopération entre les PME et les multinationales, il me paraît incompréhensible qu’une société puisse en espionner une autre après avoir échoué à l’acheter.

L’Oréal étudie l’opportunité de faire appel…

Source et article complet sur : CHALLENGER.FR